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RDC-Rwanda : À Washington, Tshisekedi et Kagame officialisent un accord de paix sous médiation américaine

Par Arnold Kamuanga

Washington, 4 décembre 2025. Sous l’égide des États-Unis d’Amérique, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont officiellement entériné ce jeudi l’Accord de Washington, un cadre diplomatique présenté comme une nouvelle tentative de mettre fin à plus de deux décennies de conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’événement s’est tenu en présence du président américain Donald J. Trump, à l’initiative duquel la rencontre a été organisée.

Une étape politique majeure après la signature ministérielle

Cet accord n’est pas nouveau : il avait été signé une première fois le 27 juin dernier par les ministres des Affaires Etrangères des deux pays. La rencontre de Washington marque toutefois sa formalisation au plus haut niveau, un geste politique lourd de symboles et de responsabilités pour les deux chefs d’État.

Selon la diplomatie congolaise, Tshisekedi a insisté sur le fait que la RDC entrait dans « un tournant décisif », réaffirmant « un engagement irréversible envers la paix, la souveraineté nationale et la coopération régionale ». Kagame, de son côté, a qualifié le texte de « feuille de route la plus claire » jamais établie entre les deux pays pour mettre fin aux hostilités, tout en saluant le rôle de médiateur joué par Washington.

Les principaux engagements du texte

  • 1. Sécurité et retrait des forces étrangères

Le cœur de l’accord reste la stabilisation de l’Est de la RDC. Celui-ci prévoit :

le retrait des forces étrangères illégales,

la neutralisation des groupes armés dont les FDLR, cités explicitement,

la fin des soutiens logistiques et financiers transfrontaliers alimentant les rébellions.

Pour Kinshasa, il s’agit d’une étape indispensable pour restaurer l’autorité de l’État, protéger les civils et permettre le retour progressif des déplacés internes.

  • 2. Intégration économique et investissements

Le texte ouvre également la voie à un cadre d’intégration économique régionale. Les États-Unis voient dans cet accord une opportunité de transformation économique, particulièrement dans les secteurs stratégiques : minerais, infrastructures, énergie. Plusieurs analystes évoquent une « fenêtre d’opportunité » susceptible d’attirer de nouveaux investisseurs si la sécurité se stabilise.

  • 3. Suivi et évaluation

Selon un baromètre consulté par la presse congolaise, 19 des 30 actions prévues avaient déjà connu un début de mise en œuvre avant même la rencontre de Washington. Le taux d’exécution partielle atteint néanmoins seulement 36,8 %, signe que les véritables défis restent devant.

Un accord accueilli entre espoir et scepticisme

Un contexte sécuritaire toujours fragile

Malgré l’engagement affiché, la situation sur le terrain demeure complexe. Le M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports de l’ONU, contrôle encore des zones stratégiques dans le Nord-Kivu, tandis que les FARDC restent sous pression. Certains analystes estiment que la confiance entre les deux capitales reste « ténue » et que la réussite de l’accord dépendra de sa mise en œuvre réelle.

La question des garanties

Plusieurs voix en RDC s’interrogent sur la capacité de Washington à imposer un mécanisme de garantie solide. Des militants de la société civile rappellent que de nombreux accords précédents n’ont pas été respectés, faute de sanctions internationales crédibles en cas de non-application. D’où les attentes élevées autour de la présence des États-Unis dans le suivi.

Une opportunité historique, mais sous haute surveillance

Avec cette rencontre, la RDC et le Rwanda tentent une nouvelle fois de s’engager sur la voie de la paix. Les deux dirigeants ont affiché une volonté claire de tourner la page de plusieurs années de tensions diplomatiques et militaires. Reste désormais à savoir si cette dynamique se traduira par des actes concrets sur le terrain.

Les prochains mois seront décisifs :

retrait ou non des forces étrangères, réduction de l’activité des groupes armés, retour des populations déplacées, engagements économiques réellement mis en œuvre.

Dans une région où les processus de paix ont souvent échoué, l’accord de Washington pourrait marquer un tournant historique ou un chapitre de plus dans la longue série des promesses non tenues. L’avenir proche dira de quel côté l’histoire basculera.

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