
Par Arnold Kamuanga
Kinshasa. La République démocratique du Congo traverse une nouvelle semaine de fortes tensions, marquée par la poursuite des combats dans l’est du pays, une crise humanitaire grandissante et un appel à la mobilisation nationale largement ignoré. À Kinshasa, comme dans plusieurs grandes villes, la lassitude de la population contraste avec la gravité de la situation sécuritaire.
L’Est toujours sous le feu
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles du M23 se sont poursuivis autour de zones stratégiques, notamment sur les axes menant à Uvira. Des sources locales et humanitaires font état de victimes civiles et de déplacements massifs de populations, tandis que l’accès humanitaire demeure limité par l’insécurité persistante.
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir militairement le M23, une implication documentée par plusieurs rapports des Nations unies mais systématiquement démentie par Kigali. Les autorités congolaises parlent désormais ouvertement d’une agression contre la souveraineté nationale et réclament des sanctions internationales ciblées.
Diplomatie en panne
Malgré les initiatives régionales et internationales, les cessez-le-feu annoncés ces derniers mois n’ont pas été respectés sur le terrain. À Kinshasa, le sentiment d’un échec des mécanismes diplomatiques gagne du terrain, alors que les violences se poursuivent et que les engagements pris au niveau international peinent à produire des résultats concrets.
“Ville morte” peu suivie
Sur le plan interne, un appel à une journée de “ville morte”, lancé par des acteurs politiques et de la société civile pour dénoncer l’insécurité dans l’Est et exiger une réponse plus ferme des autorités, a été faiblement suivi. Dans la capitale, commerces, transports et administrations ont fonctionné presque normalement, révélant à la fois la difficulté de mobilisation et la fatigue sociale d’une population confrontée à des crises répétées.
Crise humanitaire alarmante
Les agences humanitaires alertent sur une dégradation rapide des conditions de vie des déplacés internes, privés d’abris, de nourriture et de soins médicaux. Le risque d’une crise humanitaire durable s’accentue à mesure que les combats se prolongent.
Pression croissante sur les autorités
Face à la colère et au scepticisme de l’opinion publique, le gouvernement affirme avoir renforcé son dispositif militaire dans l’Est et réitère sa détermination à défendre l’intégrité territoriale du pays. Mais sur le terrain comme dans l’opinion, les attentes restent fortes et les résultats jugés insuffisants.
Entre conflit armé, tensions diplomatiques, mobilisation citoyenne en demi-teinte et défis socio-économiques, la RDC fait face à une crise multidimensionnelle dont l’issue demeure incertaine.










