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RDC : la diplomatie de Tshisekedi saluée, un accord de paix aux implications régionales majeures

Par Arnold Kamuanga

Le secrétaire général auprès du Président de la République démocratique du Congo, Jean-Jacques Luboya, a félicité les efforts diplomatiques du chef de l’État Félix Tshisekedi, à l’origine de la signature récente d’un accord de paix visant à mettre fin à près de trente années de conflit dans l’Est du pays.

Selon lui, cette avancée traduit une recomposition de la dynamique régionale en Afrique centrale, alors que les rapports de force entre États voisins, en particulier le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, ont longtemps alimenté l’instabilité congolaise.

Un conflit devenu enjeu géopolitique continental

Depuis la fin des années 1990, l’Est de la RDC est le théâtre d’affrontements impliquant des groupes armés locaux et étrangers, sur fond de rivalités géopolitiques, d’intérêts miniers et de compétition d’influence au sein de la région des Grands Lacs.

Kinshasa a renforcé sa présence diplomatique auprès des organisations régionales, des Nations unies et de ses partenaires bilatéraux afin de mobiliser un soutien international et d’accroître la pression politique sur les acteurs impliqués dans le conflit.

Un repositionnement diplomatique de Kinshasa

Selon Jean-Jacques Luboya, la signature de l’accord représente une étape significative de la politique extérieure congolaise, qui cherche à reconfigurer l’équilibre sécuritaire dans la sous-région. Le rapprochement progressif avec certaines capitales africaines et la coopération sécuritaire accrue avec plusieurs partenaires internationaux témoignent d’une stratégie visant à internationaliser la question sécuritaire congolaise et à isoler les mouvements armés.

Entre ambitions de stabilisation et intérêt stratégique

Cette nouvelle dynamique pourrait également repositionner la RDC comme acteur diplomatique incontournable en Afrique centrale. Doté de vastes ressources stratégiques, cobalt, cuivre, terres rares, le pays constitue un enjeu économique majeur pour les puissances régionales et mondiales impliquées dans la transition énergétique globale.

Pour plusieurs observateurs, stabiliser l’Est revient non seulement à pacifier un espace transfrontalier vital, mais aussi à sécuriser des zones minières considérées comme essentielles pour les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment dans le secteur des technologies.

Vers une nouvelle architecture sécuritaire régionale ?

Si l’accord ouvre des perspectives importantes, certains analystes rappellent que les précédents arrangements diplomatiques ont souvent été fragiles. Le succès dépendra de la mise en œuvre sur le terrain, du retrait effectif des groupes armés étrangers ainsi que de la coopération sincère des États de la région.

Kinshasa affirme cependant poursuivre une approche « multilatérale et réaliste », fondée sur une diplomatie active, la pression politique et une coordination accrue avec ses partenaires régionaux et internationaux.

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