
Il devient de plus en plus évident qu’une partie de l’élite religieuse congolaise adopte une position qui déroute, non seulement par son manque de hauteur morale, mais surtout par son incapacité à saisir la gravité historique du moment que traverse notre Nation. Les propos du cardinal sur l’accord visant à ramener la paix à l’Est surprennent par leur distance avec les aspirations des Congolais meurtris depuis des décennies.
À moins d’une incompréhension volontaire, comment expliquer qu’un haut responsable de l’Église puisse minimiser un engagement international dont l’objectif premier est de restaurer la sécurité et la souveraineté du pays ? À l’heure où les Congolais espèrent une rupture définitive avec la manipulation et la terreur orchestrées par les groupes armés soutenus de l’extérieur, cette posture entretient le doute et la confusion.
Plus encore : en relayant un discours qui relativise une initiative diplomatique majeure, le cardinal prend le risque de contribuer à la normalisation de l’instabilité. Une telle attitude nourrit le sentiment que certaines élites, au lieu d’élever la conscience nationale, préfèrent s’inscrire dans un narratif politique qui, consciemment ou non, consolide l’emprise d’ag agendas étrangers sur notre territoire.
Pendant qu’une grande puissance, en l’occurrence les États-Unis sous l’impulsion de Donald Trump, prend position pour aider la RDC à restaurer pleinement son intégrité territoriale, certains responsables religieux semblent plus préoccupés par leur rôle médiatique que par la souffrance de millions de Congolais.
La vraie question devient alors politique : au service de qui parle-t-on ? De la Nation congolaise ou d’intérêts qui trouvent avantage dans la perpétuation du chaos ?
Le rôle des autorités religieuses devrait être d’accompagner, voire d’encourager, toute initiative susceptible de sortir notre pays de la guerre. Or, nul ne peut ignorer qu’aujourd’hui, la fragilisation interne fait partie des stratégies classiques utilisées pour empêcher la RDC d’exercer pleinement sa souveraineté.
Il est temps de rappeler que la paix n’est pas un slogan, mais une urgence historique. Toute prise de position publique devrait s’inscrire clairement du côté de l’intérêt supérieur de la République. La population, elle, ne demande pas des commentaires ambigus : elle demande la sécurité, la dignité et l’espoir d’un avenir débarrassé de la tutelle de forces qui n’ont jamais cessé de convoiter son territoire.










