
Ancien haut responsable de l’État, Corneille Nangaa n’est plus seulement une figure politique controversée. Son engagement aux côtés de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) pose désormais une question centrale : quelle était la véritable nature de son projet ? Certainement pas une revendication minière, mais bien une entreprise politique aux conséquences lourdes pour la souveraineté nationale.
Par Arnold Kamuanga | Journaliste – Éditorialiste | leglobe.cd | Kinshasa
Contrairement à certaines tentatives de diversion largement relayées dans l’opinion, Corneille Nangaa ne disposait d’aucun carré minier dont il aurait été spolié, et encore moins d’un contentieux économique susceptible de justifier une quelconque radicalisation. Les faits disponibles indiquent plutôt que son engagement s’inscrit dans une logique essentiellement politique, structurée autour d’un projet de rupture avec les institutions de la République. Vouloir faire passer ce choix pour une revendication économique relève davantage de la manipulation que de la vérité.
Il est des moments où le silence devient une complicité. Le dossier Corneille Nangaa appartient désormais à cette catégorie. Ancien haut responsable de l’État, jadis dépositaire de la confiance nationale, Nangaa a opéré un basculement politique et moral dont les conséquences pèsent lourdement sur la République démocratique du Congo.
En s’érigeant en figure centrale de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement régulièrement cité en lien avec la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda, Corneille Nangaa a franchi une ligne rouge. Celle qui sépare l’opposition politique légitime de la connivence présumée avec des forces responsables de l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Les faits sont têtus. Alors que des milliers de Congolais sont déplacés, blessés ou/et tués, Nangaa a choisi une posture qui objectivement sert l’agenda de l’ennemi. Il ne s’agit plus ici d’un simple désaccord politique, mais d’une faute politique majeure et d’une responsabilité morale écrasante.
Plus troublant encore, des réseaux, des noms et des connexions continuent d’émerger autour du dossier Nangaa, renforçant la nécessité d’un examen rigoureux par les autorités compétentes. Aucun ancien statut, aucune notoriété passée ne peut justifier l’impunité lorsque l’unité nationale est menacée.
Corneille Nangaa ne peut plus se draper dans le discours de la persécution politique. Quand un ancien serviteur de l’État s’inscrit dans une dynamique qui fragilise la souveraineté nationale, il doit répondre devant la Justice et devant l’Histoire.
La République démocratique du Congo ne peut se permettre l’ambiguïté.On ne libère pas un pays en pactisant avec ceux qui le déchirent.










